NEGOCIATIONS SALARIALES ...

Devant l’attitude du gouvernement et notamment du ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, les organisations syndicales se sont mobilisées massivement en novembre 2007 pour rappeler nos priorités :

augmentation générale du point d’indice ;
réforme de la grille indiciaire.


Les grèves et manifestations du 20 novembre ont imposé au gouvernement l’ouverture de négociations. Une première réunion s’est tenue le 17 décembre. Le Père Noël n’était pas au rendez-vous. Cela ne constitue pas en soi une surprise dans la mesure où ce gouvernement a, de manière claire, exprimé son choix politique :

respect du pacte de stabilité ;
réduction de la dette publique.

Il propose plutôt de créer une garantie individuelle du pouvoir d’achat dont le principe consiste à évaluer la perte de pouvoir d’achat accusée par chaque agent. Il s’agit d’apprécier si la valeur du point, cumulée à celle de la rémunération liée à l’ancienneté apporte un résultat supérieur ou inférieur à l’inflation. En fonction du résultat, le fonctionnaire sera augmenté ou non !!! Outre que cette méthode suppose la mise en place d’une « véritable usine à gaz » car il faudrait prendre en compte la situation de chaque agent, c’est l’individualisation des rémunérations et des salaires qui se substituent de fait, par ce subterfuge, au principe de la carrière. Cet égalitarisme qui conduit le fonctionnaire à se payer lui-même ses augmentations de salaires, s’oppose au principe d’égalité et nie curieusement toute forme de reconnaissance professionnelle instaurée par le principe du déroulement de carrière.

Cette proposition d’individualisation du pouvoir d’achat, nullement novatrice, permettrait également au gouvernement de remettre en cause notre caisse de retraite puisque l’indemnité différentielle alimenterait le RAFP (régime additionnel).

Jacques DELORS en 1992 avait eu la même idée en évoquant à l’époque :

1. SALAIRE PARITÉ lié à l’indice qui représenterait la part fixe que l’on peut comparer à l’actuelle grille indiciaire
2. SALAIRE SPÉCIFICITÉ comme rémunération liée au poste de travail en fonction de la technicité, des sujétions etc.
3. SALAIRE PROMOTION qui tiendrait compte de la performance individuelle.

Parce que c’est la négation de la hiérarchie salariale et parce que c’est de l’individualisation des traitements dont il s’agit, ces mesures sont à l’opposé des revendications de Force Ouvrière.

Dans ce contexte d’individualisation, il est indispensable de maintenir les revendications sur la question des salaires et rémunérations dans la Fonction publique.

C’est ce pourquoi nous avons appelé à la mobilisation le 24 janvier 2008.

La revendication salariale doit rester prioritaire : socialement et économiquement.
L’absence de réponse du gouvernement, à quelques semaines des élections municipales, se traduirait par un constat d’impuissance et de mépris de la situation de milliers de salariés actifs et retraités de ce pays.
Les premières rencontres avec le ministre de la Fonction publique vont commencer en février, le comité national de mars sera en mesure de faire le point précis de l’état d’avancement des négociations.

D’ores et déjà, il est paradoxal de constater que d’un côté le gouvernement, au titre des conférences qu’il a mis en place prône le dialogue social et son amélioration et que d’un autre, alors qu’il s’agit de mettre en application cette soi-disant volonté, cette volonté s’est évaporée.

Améliorer le dialogue social passe notamment par le respect du rôle et du fonctionnement des organismes consultatifs paritaires fondés sur la démocratie représentative à laquelle nous tenons.

Proposer aux organisations syndicales de fonctionnaires une augmentation de 0,5 % de la valeur du point d’indice au 1er mars 2008 et 0,3 % au 1er Octobre 2008, ce n’est que jouer la provocation et mépriser les agents territoriaux et hospitaliers lorsque l’on sait que l’inflation estimée pour 2008 est de 1,6 %.

F.O. continuera d’exiger :

une revalorisation importante du point d’indice,

le rattrapage immédiat des pertes du pouvoir d’achat,

la reconstruction complète de la grille indiciaire commune de la fonction publique, garante du statut et
du principe de la carrière.

C’est dans cet esprit que F.O. porte, auprès du gouvernement, les revendications des fonctionnaires et agents publics.
Le gouvernement persiste dans son choix de sacrifier les personnels de la fonction publique à l’austérité budgétaire, il en portera la responsabilité et il nous faudrait en tirer les conséquences.